28/03/2015



Alicia GIMÉNEZ BARTLETT

Nadie quiere saber

 

 

 

J’aime beaucoup les romans policiers de cette auteure dont les protagonistes sont deux gardes civils, Pedra Delicado, la féministe et Fermín Garzón, un policier d’âge mûr, respectueux des ordres.

 

A plupart des romans dont ils sont les protagonistes ont été publiés en français dans d’excellentes traductions dans la collection Rivages/Noir  des éditions Payot et Rivages,: Rites de mort (2000), Le jour des chiens (2002), Les Messagers de la nuit (2003), Meurtres sur papier (2004), Des serpents qu paradis (2007), Un bateau plein de riz (2008), Un vide à la place du cœur (2010) Le Silence des cloîtres (2013).

 

Depuis 2009, date de publication en Espagne de El silencio de los claustros (Le Silence des cloîtres) Alicia Giménez Bartlett a encore publié deux romans dans la série Petra Delicado

Nadie quiere saber en  2013 et Crínenes que no olvidaré [Des crimes que je n’oublierai pas] en 2015, un recueil de 9 récits. Ces deux derniers n’ont pas encore été traduits mais on peut espérer que ce sera pour bientôt.

 

Dans Nadie quiere saber, Destino, 2013 [Personne ne veut savoir], ], la veuve d’un homme d’affaires barcelonais assassiné cinq ans auparavant, obtient du juge qu’il rouvre ce dossier qui avait été classé sans suite puisque l’assassin présumé et sa complice avaient été assassinés à leur tour. Personne ne pouvait se douter que cette nouvelle enquête, disons de complaisance, qui aurait dû aboutir aux mêmes conclusions que la première, allait ouvrir la boîte de pandore. En effet, à cause de la conscience professionnelle de Pétra qui ne laisse jamais rien au hasard, l’enquête va prendre une autre tournure et prendre des proportions inattendues en impliquant la famille de la victime et en remontant jusqu’à la mafia italienne, ce qui contraindra nos deux comparses à se rendre à Rome et à collaborer avec la police italienne.
Le roman se termine sur des révélations  dignes des Atrides.
Ce roman met en scène une Petra qui a bien du mal à articuler ses problèmes familiaux avecsa vie professionnelle– rappelons qu’elle s’était mariiée  à la fin de Un vide à la place du cœur avec Marcos, un architecte qui n’apprécie pas trop qu’elle consacre plus de temps à sa profession qu’à son foyer.  Ces reproches auront une influence sur son humeur. Et quand Petra est de mauvaise humeur, le bouc émissaire tout désigné est le pauvre Garzon. Il faut dire que, pendant son séjour à Rome, il  ne fait rien pour faciliter les choses en se comportant en touriste lambda, mettant les pieds dans le plat, étalant ostensiblement ses clichés et son inculture ce qui a le don d’irriter encore plus Petra. Cela donne encore plus de piment aux dialogues, une technique dans laquelle Giménez Barttlett excelle comme on a pu le constater dans ses romans antérieurs. « Caramba, j’ai craint que d’un moment à l’autre vous alliez vous mettre à parler latin. […] Vous êtes en train de rajeunir mon petit, Fermin, voilà maintenant que vous êtes subjugué par les jeunettes » (p. 104)
Nadie quiere saber a pour toile de fond la crise économique qui touche l’Espagne avec ses restrictions budgétaires et le profit qu’en tire la mafia en blanchissant son argent dans des entreprises en difficulé, ce qui était le cas de l’entreprise de la victime.
Nadie quiere saber est aussi plaisant et aussi passionnant à lire que les œuvres précédentes d’Alicia Giménez Barlett

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