24/02/2016

Jon ARRETXE

Juegos de cloaca, Erein, cosecha roja,, 2015.

 

El viejo clavó sus pupilas en mí un instante, agitó los cauris, los lanzó al suelo y se quedó observándolos fijamente. Llegó a una conclusión más rápido de lo que esperábamos.

                                                                                                                  -                                           Veo sangre a tu alrededor –dijo, sin levantar los ojos. (p.97)[1]

 

Para nuestro mayor placer, vuelve Touré, el primer detectivo negro de la novela criminal española. 

Al final de Sombras de la nada lo pasaba fatal con el asesinato de su hija y de la desaparición de su bebe.

Cuando empieza Juegos de cloaca, “se ha convertido en un vagabundo, tiene toda la pinta de ir borracho o drogado, con los ojos inyectados en sangre, la mirada enajenada

El barrio de San Francisco ya no es el mismo con la llegada de la mafia nigeriana que aterroriza a sus habitantes.

Mientras cruza una procesión de Semana Santa reconoce a los asesinos de su hija, les persigue, mata a uno y acuchilla al otro. La policía lo detiene y después de un breve encarcelamiento, en vez de condenarlo lo expulsan del país.

Cuando desembarca del  avión  se entera de que no está en Burkina Faso sino en Mali.

Afortunadamente tiene contactos en Bamako e inmediatamente la solidaridad africana interviene. Se le ofrece el alojamiento y el cubierto mientrás que está esperando una oportunidad para regresar a Burkina Faso. Con sus amigos y los amigos de los amigos lo pasa en grande durante los primeros días.

Pero era demasiado bonito para ser verdad. Muy pronto  las cosas se ponen muy feas : los nigerianos le han seguido la pista y empieza el suspense. ¿ Cómo lo consiguieron? ¿Habrá hablado demasiado ? Algún chivatazo en el círculo de sus relaciones ? ¿La policía ?... Desde luego tendrá que quedarse en Mali puesto que  regresar a su país sería poner en peligro a toda su familia.

En Bamako, la situación va empeorando. Lo persiguen, persiguen a sus amigos y la sangre empieza a correr conformre con la predicción de los cauris[2]. No sabe cómo salir del apuro. Incluso ya no se fía de sus amigos ni de los vecinos. Por lo tanto no sabe en donde esconderse.

Sin revelar las peripecias de Touré ni cómo logró escapar a los sicarios, diré que gracias a las trampas imaginadas en el contexto del ingenio africano consiguió volver a Bilbao transitando por Francia.

De regreso a la Pequeña África, vuelve a encontrar a sus amigos fieles pero también a los nigerianos determinados a no soltar prenda.

La novela se cierra con un doble desenlace, truculento y escalofriante el primero,  engañoso el último, cuando la policía finge hacer la vista gorda.

 Ese desenlace aparenta más el anuncio de una continuación que un término.

 

Juegos de cloaca no defrauda las esperanzas del lector. Incluso hay páginas de antología como la persecución del nigeriano dentro de la procesión de los nazarenos , la huida  por el mercado de Bamako, ambas escenas también muy cinematográficas.

Se inscribe en la continuación de las tres novelas anteriores, 19 maras, 612 euros y Sombras de la nada. Está el controlador de las maras con un papel más relevante, están los amigos de siempre, están las supersticiones, está el bar berebar,... hay alusiones reurrentes à los acontecimientos de Sombras de la nada.

 

Al igual que las tres primeras entregas –y de la mayoría de las demás novelas de Arretxe según me he enterado – además de ser una novela negra es una novela social.

Si Touré es un extranjero en España, también lo es en África en donde se enfrenta con otra realidad que, sin embargo, tiene algunas  similitudes  pero a la manera africana : la lucha y el ingenio para sobrevivir al lado de los advenedizos y sus cochazos, la corrupción[3], la desconfianza, la picaresca, la violencia,... y la solidaridad omnipresente a veces cargante y fastidiosa. De modo que nos enseña una parte de la cultura africana que no tiene nada que ver con la que se enseña a los turistas.

 

A ver cómo Touré va a arreglarse con el chantage al que está sometido. Hay que suponer que será uno de los argumentos de la próxima entregada.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Subrayo yo

[2] Les cauris sont de petits coquillages utilisés par les devins pour prédire l’avenir.

[3] « Hoy en día la corrupción es inevitable en África. Para arreglar la situación haría falta muchos presidentes como el que tuvisteís vosotros en Burkina Faso, muchos Sankara » (pág. 132-133) Cfr. Antonio Lozano, El caso Sankara, p.10 de este blog.

22/02/2016

ARO SAÍNZ DE LA MAZA – 2

 

El ángulo muerto, RBA, 2016  [L’angle mort] Non traduit[1]

 

Il n’était pas difficile d’imaginer que Saínz de la Maza allait remettre le couvert. C’est chose faite avec ce roman moins épais que El asesino de La Pedrera (Le Bourreau de Gaudi) mais tout aussi intéressant et passionnant.

 

Il est structuré comme le précédent avec une citation en exergue et un prologue dans lequel il est question d’un chien beagle et d’une petite fille aux yeux bridés. Indices ? Il sera beaucoup question de chiens dans ce roman, mais pas seulement de beagles.

 

Bien que El ángulo muerto puisse se lire indépendamment du Bourreau de Gaudi, on retrouve les mêmes personnages : Milo Malart, bien entendu, qui est maintenant inspecteur, son adjointe Rebeca Mercader, l’inspecteur en chef Singla avec lequel Milo n’a pas d’atomes crochus ; la juge Susana Cabot, en convalescence, est remplacée par le juge Losana,  guindé et à cheval sur les principes, notamment celui de l’obéissance à la hiérarchie, et une nouvelle commissaire, Bassa, souvent dépassée par les évènements.

 

Si Milo est monté en grade, il n’a rien changé à ses habitudes, il roule toujours dans sa vieille coccinelle déglinguée qui rendra l’âme au cours de l’histoire ce qui ne sera pas sans conséquences. En attendant, il est contraint de prendre les transports en commun, ce qui le met de mauvaise humeur, ou d’emprunter la Mercedes de la juge, ce qui fait jaser.

 

Après une première enquête rondement menée, « à sa manière, c’est-à-dire cavalièrement », il se retrouve bien malgré lui en possession du chien de la victime, un Berger de Majorque qui va l’accompagner jusqu’à la fin du roman.

 

Tandis que le duo Malart-Mercader est chargé d’élucider l’assassinat d’une jeune fille dont le corps a été retrouvé dans le parc de Collserola. on leur confie une autre enquête  plutôt insolite pour des policiers de la brigade des homicides. Ce surcroit de travail    s’explique par le manque d’effectifs. Leur nouvelle mission consiste à mettre la main sur le voyou ou le taré qui empale des chiens près des aires de jeux pour enfants des parcs ouverts au public. Ces faits-divers, horribles évidemment, enflamment la presse populaire et les réseaux sociaux, ce qui n’est pas bon pour l’image de Barcelone.

 

La première victime est donc Carolina Estrada. Intelligente et jolie. Etudiante en droit le matin, elle travaille l’après-midi comme stagiaire dans un bureau d’avocats chargé des recouvrements de dettes[2]. Elle contribue ainsi au maintien du ménage de ses parents qui vivent chichement depuis l’accident du mari. Au fil de leur enquête de personnalité, on s’apercevra que Carolina menait une double vie.

La première hypothèse plausible est la vengeance. Le mobile du crime serait l’œuvre d’un débiteur las d’être harcelé. Les premières visites domiciliaires montrent plus des gens en désarroi et réduits à la misère à cause de la crise que des êtres assoiffés de vengeance, même si l’un ou l’autre manifeste une certaine agressivité verbale envers les policiers.

 

Une deuxième victime apparaît. Il s’agit de Lorenzo Puig, un des associés du bureau d’avocats où travaillait Carolina. Sa femme à journée l’a retrouvé mort à son domicile. Il a été  assassiné et sa  mort  remonte à deux ou trois jours. Lorenzo était joueur et participait à des parties de pokerr clandestines avec des personnalités de Barcelone. Il apparait qu’il a gagné une grosse somme la semaine précédente. Le vol a-t-il été le mobile du crime ? Qui pourrait  être l’auteur du vol ? Carolina ? Elle ne pourrait être soupçonnée qu’à condition de savoir si elle a été assassinée après Lorenzo Puig. L’enquête rebondit et divise Rebeca la rationnelle et Milo l’intuitif. Les pistes s’embrouillent d’autant plus que des pressions s’exercent sur Milo pour qu’il ne s’occupe pas des jeux clandestins ni surtout de leurs participants. Et pour ne pas simplifier les choses il lui faut encore s’occuper du tueur de chiens qui continue à sévir.

Le dénouement, inattendu, comme il est de bon ton, est à la manière d’Edgar Poe. La solution était sous le nez de Milo, mais il ne l’a pas vue à temps. Il a pourtant rencontré l’assassin et vu le principal témoin. Les lecteurs seront-ils plus perspicaces ? Mais au fond, l’assassin n’est-il pas le système ?

 

Par rapport au roman précédent, le personnage de l’inspecteur Malart acquiert plus de densité. On savait que le suicide de Marc, son neveu, le culpabilisait. Mais si ces soucis n’avaient pas d’impact sur l’enquête, il n’en est pas de même dans El ángulo muerto. Milo est aux prises avec un autre  problème familial qui agit sur son caractère : le comportement de son frère atteint de schizophrénie qui nécessitera son internement dans un institut psychiatrique. Bien qu’il ait le souci de séparer sa vie professionnelle de sa vie privée, une  de ses absences momentanées entraînera des conséquences graves.

Par contre, l’acquisition fortuite et contrainte d’un chien le rendra plus humain. Ce grand solitaire a maintenant un compagnon dont il s’occupe presque avec tendresse, va nager[3] avec lui tous les matins, s’arrête dans la rue pour converser avec d’autres propriétaires de chiens,...

 

Rien n’est donc gratuit dans ce roman, ni ce qui pourrait apparaître comme des digressions ni les descriptions, comme, par exemple, quand d’une part il décrit le luxe de l’appartement de Lorenzo Puig et d’autre part la misère  des logements des « mauvais payeurs ».

 

Toute l’histoire se déroule sur fond de la terrible crise économique qui touche l’Espagne, non l’Espagne des nantis, mais celle des classes populaires. Les entreprises privées de recouvrement de dettes font fortune aux dépens des pauvres qui se retrouvent souvent expulsés de leur modeste logement par la force publique parce qu’ils ne peuvent plus payer leur loyer. Cette situation révolte Milo qui va jusqu’à ressentir de la compassion pour ces laissés-pour-compte de la société, voire de comprendre leurs forfaits. Il s’indigne de l’attitude des politiciens qui n’hésitent pas à exercer des pressions et des menaces sur les juges, les commissaires, les enquêteurs, les journalistes,..  pour ne pas perdre leur aura et, par conséquent, leur pouvoir. S’il éprouve une certaine sympathie envers les mouvements alternatifs, il ne croit pas qu’ils soient capables de changer les choses. S’il exprime parfois ouvertement son indignation, c’est plus subtilement son vocabulaire qui trahit ses penchants politiques. Ce n’est pas par hasard qu’il y a une certaine récurrence du mot « podemos » : « Arrête ta campagne électorale s’il te plaît. Je sais que les politiciens sont des gens sans scrupule, corrompus. Je  sais que toi [Leire, une amie], tu es là et tous ceux qui sont comme toi et aussi ceux de toujours. Je prends simplement parti pour vous. Non parce que je crois que vous allez faire mieux, mais parce que vous êtes le seul espoir qu’ont les gens. Je sais que vous êtes pleins de bonnes intentions, mais ne me flanque pas la migraine avec tes discours. Je veux des faits et je les veux tout de suite. Mon opinion est que les choses ne changent pas et qu’elles ne peuvent pas changer. Nous ne pouvons pas (no podemos)[4], c’est clair ! » (307).

 

Nul doute que Milo Malart reviendra et entrera dans la grande famille des Maigret, Montalbano, Brunetti... et autres Plinio, Carvalho, Méndez,... pour rester dans le domaine espagnol.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] La traduction française devrait paraître au mois de juin.

[2] En Espagne, le recouvrement de dettes est légalisé seulement depuis une loi de 2008. Il est confié non à des fonctionnaires publics (huissiers) mais à des bureaux privés. Avant 2008, cette mission était accomplie par « L’homme au frac », ce qui était peut-être folklorique, mais profondément humiliant pour les personnes endettées dont la détresse était exposée aux voisins.

[3] Milo Malart partage cettte pratique quotidienne de faire quelques brasses dans la mer avec le Commissaire Montalbano de Camilleri.

[4] Podemos est le nom d’un parti politique de gauche fondé en Espagne en 2014. En français, podemos signifie « nous pouvons ».

19/02/2016

ARO SAÍNZ DE LA MAZA

 

El asesino de la Pedrera, RBA, 2012 - Le bourreau de Gaudí, Actes Sud/Actes noirs, 2014, traduit de l’espagnol par Serge Mestre.

 

Pour ses débuts dans le genre, Saínz De La Mata n’a pas fait dans le détail et n’a pas craint de décourager le lecteur potentiel avec ce thriller de 578 pages. Son éditeur, conscient du risque, n’a pas hésité à le mettre sur le marché à un prix défiant toute concurrence. Cette pratique commerciale a atteint son objectif puisque à l’heure actuelle, le roman en est déjà à sa deuxième édition et a été traduit en plusieurs langues, dont le français

 

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En général je me méfie des « meilleurs ventes » souvent décevantes pour le lecteur un rien exigeant. Ce n’est pas du tout le cas pour ce roman. S’il accroche le lecteur dès le début, ce n’est déjà pas pour des raisons habituelles, mais par un jeu entre le paratexte, le péritexte et le texte.[1] Pour faire simple entre la couverture, le titre, l’épigraphe, le prologue et le texte. Quel rapport - il y en a toujours un –entre la citation de William Blake : « Les joies fécondent. Les peines accouchent. », le prologue énigmatique et le texte résumé dans la quatrième de couverture ?

Le premier crime, horrible comme le seront les deux suivants est conçu comme une mise en scène digne des films d’horreur : la victime, Pinto, un ex-conseiller de la Generalitat, a été pendue pas les pieds à un balcon de la façade de La Casa Milà (La Pedrera) après avoir été séquestrée et  torturée avant d’être brûlée vive. En outre, pour parfaire la mise en scène, l’auteur du crime s’est organisé pour que toute la mise à mort soit filmée par les caméras de surveillance.

La juge Susana Cabot exige que l’enquête soit confiée au sous-inspecteur  Milo Malart bien qu’il ait été écarté du service pour des raisons disciplinaires.  Un fichu caractère, mais dont les compétences ne sont contestées par personne. On lui adjoint la sous-inspectrice Rebeca Mercader.

L’enquête se révèle compliquée à cause, paradoxalement, de la multitude d’indices laissés par l’assassin : la mise en scène du crime donnée à voir aux caméras de surveillance, la préparation du crime, les graffitis dont ce G majuscule écrit à même le sol (symbole maçonnique ou G de Gaudi ?) et une cassette video.

L’hypothèse de Milo est que ce crime n’est que le premier d’une série et que son auteur utilise une œuvre de Gaudi pour tuer et nuire à la ville de Barcelone  qui va bientôt accueillir le pape. Ses collègues, jaloux de sa réinsertion dans le service, se gaussent de cette hypothèse

Pourtant les faits donneront raison à Milo avec la disparition suivie de l’assassinat de Torrens, président du Cercle Gaudi. Cette fois l’endroit choisi par l’assassin est le Parque Guell et plus précisément le mirador « Turó de les Tres Creus ». Le modus operandi est semblable à celui du crime précédent. Torrens est attaché à la plus grande des croix et brûlé vif pendant que son assassin filme ses derniers moments avant de remettre la cassette à Navarro, le présentateur de l’émission « le bourreau de Gaudi », émission phare d’une chaîne de télé-poubelle. Navarro diffuse cette cassette comme les suivantes qui lui seront envoyées par l’auteur des crimes, cassettes qui montrent les conditions de séquestration des victimes.

Envers et contre tout, Milo explore la moindre piste et découvre progressivement des pièces d’un puzzle de plus en plus difficile à reconstituer. Il découvre que vingt ans avant, une vague de crimes en série avait eu lieu à Barcelone et qu’il existe des similitudes entre ces crimes et ceux sur lesquels il enquête. Un seul ou plusieurs assassins ? Il découvre que Pinto et Torrens ne sont pas des enfants de chœur ; le premier a contribué à l’expulsion de locataires endettés tandis que le deuxième a été mêlé à une sordide affaire dans le passé. Bref, tous deux ont semé la haine sur leur chemin et pas mal de gens ont des raisons de se venger.[2]

Les investigations de Milo, en révélant le passé de ces personnalités, risquent de provoquer des dégâts collatéraux qui risquent d’entacher la réputation de pas mal de personnes haut placées. Des pressions sont exercées sur la hiérarchie de Milo et il s’en faut de peu pour qu’il soit déchargé de l’enquête.

La panique s’installe quand la juge Cabot est enlevée à son tour. Une course contre la montre commence parce que Milo sait, pour avoir visionné les cassettes diffusées par Navarro, qu’il ne dispose que de cinq jours pour éviter que la juge ne subisse le même sort que Pinto et Torrens. Encore faut-il découvrir l’endroit où elle est séquestrée. Le suspense atteint son climax. Je n’en dirai pas plus pour ne pas déflorer le dénouement.

 

 

Avec le sous-inspecteur Milo Malart, Saínz De La Mata a créé un personnage hors du commun.  Solitaire, têtu comme une mule, caractériel, il n’a pas que des amis. Du point de vue professionnel, même s’il a une manière bien particulière de travailler, tous s’accordent sur ses compétences.  Et même si ses collègues lui montrent qu’il risque de  faire fausse route, il n’en démord pas. Et ce n’est pas sa hiérarchie qui le fera changer d’avis.

Il vit en permanence avec un sentiment de culpabilité à la suite de la mort de son neveu, un gamin de quatorze ans, qui s’est suicidé avec son arme de service.

 

Un autre personnage bien campé est Rebeca Mercader, l’adjointe de Milo, sur qui celui-ci passe ses colères. Une femme patiente, attentionnée, perspicace, qui veille à ce que les débordements de Milo ne dépassent pas trop les limites et qui agit dans son ombre  avec une grande efficacité professionnelle.

Bref, tous deux ont une identité propre, une forte personnalité, au même titre que les Carvalho, Méndez, ou autres Sam Spade, Maigret, Poirot,...

 

On attend de revoir ces personnages dans un prochain roman.

 

L’autre protagoniste est la ville de Barcelone sur laquelle plane le fantôme de Gaudi. C’est à une véritable promenade sur les pas de celui-ci – et des mystères qui l’entourent - que nous emmènent Milo et « le bourreau de Gaudi. » 

Mais c’est aussi la Barcelone d’aujourd’hui, avec pour les uns la crise économique, les expulsés (los desahucios), les anti-système,...; les parties fines, la corruption, les détournements de l’argent public,...pour les autres.

 

El asesino de la Pedrera est un thriller noir, d’une noirceur parfois horrible. C’est aussi un roman qui demandait à être parfaitement structuré, un roman qui, en effet, aurait pu être complexe à cause de la multitude de personnages et des histoires qui s’inscrivent dans l’histoire. Aucun protagoniste, si secondaire soit son rôle, n’est inutile. Aucune histoire n’est gratuite. C’est pourquoi, il faut souligner la composition remarquable qui permet au lecteur de ne pas perdre le fil conducteur.

 

 

 

 

 



[1] Selon la terminologie de Genette  (in Palimpsestes, Seuils,...)

[2] Cette histoire de crimes motivés par la vengeance et perpétrés dans des lieux symboliques n’est pas sans faire penser au roman de Petros Markaris, Liquidation à la grecque.